Née le 22 Novembre 1943 à Fad’jal un village de la région de Fatick à l’ouest du Sénégal, Safi Faye est enseignante quand Jean Rouch lui propose de jouer dans « Petit à petit » en 1971. Elle est la première femme africaine à se lancer dans la réalisation de films.
A Paris, elle étudie le cinéma et l’ethnographie et réalise en 1972 son premier court métrage, « La passante ». En 1975, elle tourne un long métrage, « Lettre paysanne » (Kaddu Beykat) qui a été restauré cette année en 2025 pour marquer le cinquantenaire de ce film, traitant des problèmes économiques du monde rural.
Son deuxième long métrage, « Fad’jal » (1979), tourné dans son village natal et qui reçoit le Prix George Sadoul 1975 et de nombreux autres prix, traite de l’opposition entre tradition et modernité.
Diplômée de l’Ecole Normale de Rufisque (Sénégal), un établissement réservé aux filles, elle a suivi des études d’ethnologie à l’EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris). Elle soutient en 1979 un doctorat de 3e cycle sur la religion des Sérères (son ethnie). Elle a étudié le cinéma à l’école Louis Lumière (France) en 1979-1980. Safi Faye travaille également pour des programmes internationaux de télévision, notamment, avec les courts métrages « Goob Na Nu » (La récolte est finie) et « Man Sa Yay » (Moi, ta mère) (1979), « Souls in the sun » (Les âmes au soleil) (1981) et « Selbe and So many others » (Selbé parmi tant d’autres) (1982).
En 1997, elle présente « Mossane », un long métrage fiction sur le mariage forcé et tans d’autres problèmes rencontrés par les jeunes dans les villages. Ce film est sélectionné au Fespaco tourné dix ans plus tôt et dont la sortie était retardée par un pénible conflit avec son producteur.
Documentariste. Scénariste. Actrice. Enseignante.
Elle est décédée le mercredi 22 février 2023 à Paris à l’âge de 80 ans.
Source : africine.org